Guillotine (répertoire)

Pièce du répertoire – La Compagnie Caravelle
Texte et conception de Antoine Guillot

Guillotine est un texte-coupure. Net. Franc. Irrévocable. Une pièce qui ne caresse pas le sens du poil mais tranche dans la chair du politique, du social, de l’intime. Ici, la guillotine n’est pas un objet historique : c’est un principe actif. Un dispositif mental. Une machine symbolique qui révèle ce que nos sociétés préfèrent ne pas regarder.

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Synopsis

Paris, un matin d’octobre, il est 6 heures, un homme s’écroule, le nez dans le caniveau. 24 heures plus tard, c’est l’hôpital où il se réveille, pris au piège dans son corps meurtri, paralysé. Victime d’une agression gratuite où il a été laissé pour mort, le personnage part à la reconquête de soi et entre dans un engrenage qui balaie toute identité. Se relever, c’est cela, se relever et dire pour ne pas que la scène se rejoue, et mener un combat pour se reconstruire, un combat contre soi-même, ses agresseurs et le monde.

Une écriture de l’urgence

Le texte avance comme une lame : précis, rythmé, sans graisse. Il interroge la violence légitime, la justice, le sacrifice, la foule, le consentement. Qui décide ? Qui exécute ? Qui regarde ? Et surtout : qui se tait ?
Guillotine ne raconte pas une révolution passée. Elle ausculte nos renoncements présents. Elle met en tension l’héritage révolutionnaire avec l’époque contemporaine, là où la parole se radicalise pendant que l’action se délite.

Un théâtre du corps et de la parole

Sur scène, tout est exposé : le corps, la voix, la fatigue, la responsabilité. Le jeu se situe à l’endroit du basculement — entre incarnation et adresse directe, entre personnage et être humain. La parole devient geste. Le silence devient verdict.
La scénographie, volontairement épurée, agit comme une chambre d’écho : rien ne protège. Le plateau est un lieu d’exécution symbolique, mais aussi de résistance poétique. Chaque représentation est un acte, jamais une reconstitution.

Une pièce politique, mais pas didactique

Guillotine ne délivre pas de morale clé en main. Elle crée des frottements. Elle fait vaciller les certitudes. Elle laisse au spectateur la charge du jugement — et donc la responsabilité de penser.
C’est un théâtre qui assume le risque : celui de déranger, de diviser parfois, mais surtout de réveiller. Un théâtre qui considère le public comme un partenaire lucide, capable de complexité.

Une œuvre-pilier du répertoire

Dans le répertoire de La Compagnie CaravelleGuillotine occupe une place centrale. Elle dialogue avec d’autres créations de la compagnie autour des notions de sacré, de pouvoir, de corps politique et de responsabilité individuelle.
C’est une pièce-socle : radicale, mobile, prête à être reprise, déplacée, réactivée selon les contextes et les territoires.
Guillotine n’est pas un spectacle confortable.
C’est un seuil.
Et une fois franchi, on ne regarde plus le monde tout à fait de la même manière.

@Théo Arifont