Guillotine Algérie

Spectacle augmenté, traduit et mis en scène pour l’Algérie

Texte, jeu et mise en scène : Antoine Guillot
Traduction : Mustapha Benfodil
Avec Ahmed Zitouni

Production et diffusion : La Compagnie Caravelle

Avec le soutien de Bonlieu Scène nationale d’Annecy (74), des Ateliers Sauvages d’Alger – Wassyla Tamzali (Algérie), de l’Institut Français d’Alger (Algérie), du Pôle Centre culturel du pays d’Alby sur Chéran (74), PJJ Savoie et Haute-Savoie, Malraux Scène nationale de Savoie (73), La Fabrique de La Base – Tiers lieu de l’espace Malraux à Chambéry (73), la Région et la DRAC Auvergne Rhône-Alpes et le Département de la Savoie.

La Compagnie Caravelle est soutenue par son cercle des mécènes, par la ville d’Aix-les-Bains, le département de la Savoie, la Région et la DRAC Auvergne Rhône-Alpes.

Guillotine est une pièce-sismographe — un texte qui capte les secousses du corps, du langage et de la cité. Dans cette version DZ, le spectacle traverse la Méditerranée et devient un pont entre des mémoires partagées, des blessures historiques et une parole théâtrale intensifiée.

Une écriture de l’urgence absolue

À l’origine, Guillotine est un texte-attaque : une dramaturgie qui met en vis-à-vis un individu et une violence qui l’accule. Il explore la reconstruction d’un corps meurtri, la violence subie comme violence sociale, et la nécessité de dire pour reprendre possession de soi-même.
La version DZ conserve l’architecture en trois tableaux, cette progression qui mène de l’effondrement à la reprise de la parole et à la confrontation, avec un accent particulier mis sur la corporalité et le monde environnant.

Le théâtre comme chambre opératoire

Sur scène, Guillotine ne se contente pas de représenter : il installe une expérience. Le plateau devient un théâtre de résistance, où l’agressé n’est jamais simplement victime mais corps en lutte — lutteur qui doit reconstruire son identité au cœur même du chaos. Les matériaux scéniques, la lumière et le mouvement sont investis pour révéler cette zone frontale entre un corps soumis et un public convoqué à la responsabilité.

Une pièce politique, mais non prescrite

Guillotine n’offre pas de réponses faciles — ni morale, ni morale réparatrice. Elle expose, interroge, interpelle. Elle laisse le spectateur face à la complexité de la violence, des humiliations, des silences et des glissements de sens. C’est un théâtre qui fait travailler la pensée, et non qui la berce.

Version Algérie : traduction et incarnation

Pour incarner Guillotine en Algérie, La Compagnie Caravelle a engagé une traduction en arabe portée par Mustapha Benfodil, figure majeure de la littérature et du journalisme algériens, qui a su trouver une langue tierce faite de musicalité, de finesse et de précision pour rendre le texte dans sa force poétique et politique. Sur scène, Ahmed Zitouni reprend le personnage principal. Acteur charismatique dont la présence irrigue l’espace dramatique, il porte une interprétation qui dialogue directement avec les résonances algériennes de la violence, de la mémoire et de la reconstruction. Ce travail n’est pas une simple localisation : c’est une co-création culturelle qui inscrit le texte dans un contexte particulier, tout en donnant à sa portée universelle un éclairage neuf.

Une pièce qui traverse les frontières

Cette adaptation algérienne est un acte de théâtre international : elle fait dialoguer les écritures, les langues, les corps et les histoires. Elle affirme la force du texte quand il est traversé par d’autres réalités, quand il est traduit, habité et déplacé. Guillotine version DZ interroge ce que signifie dire la violence, comment en parler quand les mots eux-mêmes portent le poids de l’histoire. Et c’est là, dans cette mise en rupture et en réinvention, que le théâtre trouve sa plus vive nécessité.

Guillotine – Version DZ : une œuvre de confrontation

Comme dans sa forme originelle, cette version ne cherche pas à apaiser. Elle met à l’épreuve — les corps, la langue, le public. Elle pose des questions plus que des réponses. Elle frappe à la porte de la conscience collective, et exige une écoute active. Ce spectacle est une invitation à regarder la violence en face, à ne rien éluder, à faire du théâtre un lieu de conscience, d’éveil et de présence.