Première lettre

Un dispositif de correspondance artistique entre inconnus

Première lettre est une expérience simple, rare, presque oubliée : recevoir, chez soi, une lettre écrite par quelqu’un qu’on ne connaît pas. Un texte venu d’ici ou d’ailleurs, d’aujourd’hui, d’hier ou de demain. Une lettre qui n’a pas pour mission d’informer, mais de toucher, de surprendre, de réveiller l’imaginaire — et de recréer du lien, à l’ancienne, par le papier, l’enveloppe, l’attente.

Pensé comme une action de territoire et de médiation, le dispositif transforme un geste quotidien (ouvrir son courrier) en moment de théâtre intime : la scène, c’est votre tête. Le décor, c’est votre journée. Le comédien, c’est votre lecture.


Le principe

Le dispositif propose deux manières d’embarquer :

  • En tant que destinataire : vous vous inscrivez pour recevoir la lettre d’un·e inconnu·e.
  • En tant que rédacteur·rice : vous écrivez une lettre à destination d’un·e inconnu·e, selon un cadre artistique défini (thème, intention, formats possibles).

Les lettres peuvent prendre mille formes : une vieille “lettre retrouvée”, un aveu, une confession drôle, un mot doux, une fable, une liste de vœux, un récit d’aventure, une lettre de poilu imaginaire, un message du futur… L’idée n’est pas de “faire beau”, mais de faire vrai : écrire avec le cœur, l’esprit, ou les deux.


Pourquoi “Première” ?

Parce que chaque lettre est une première fois :

  • première rencontre entre deux inconnus,
  • première preuve qu’on peut encore se parler sans écran,
  • première surprise dans une boîte aux lettres souvent remplie de démarches.

C’est un dispositif qui fabrique de la confiance : on accepte de recevoir, on accepte d’écrire, on accepte d’être déplacé — doucement.


Ce que ça produit (concrètement)

1) Une expérience artistique intime

Le théâtre n’est pas toujours un plateau : il peut être un texte qui arrive dans votre quotidien et le dérègle d’un millimètre. Une lettre, c’est une présence différée. Et parfois, c’est plus fort qu’une présence immédiate.

2) Un lien social poétique

Première lettre crée des ponts entre personnes qui ne se seraient jamais croisées. Sans débat imposé, sans posture : juste un échange humain, par le récit.

3) Un temps long (et ça fait du bien)

Le courrier oblige à ralentir : écrire, poster, attendre, recevoir. Ce tempo est une proposition politique en soi, dans un monde qui accélère.


Pour qui ?

Première lettre est accessible à toutes et tous :

  • publics curieux, publics éloignés de la culture, habitué·es comme non-habitué·es,
  • adolescents, adultes, seniors,
  • territoires ruraux comme urbains,
  • structures éducatives, sociales, médico-sociales, bibliothèques, tiers-lieux, associations…

Le dispositif peut se décliner en version intergénérationnellethématique (amour, exil, souvenirs, futur, mer, enfance…), ou territoriale (lettres entre communes, entre quartiers, entre établissements).


Des partenaires, une constellation

Première lettre se construit aussi comme une aventure collective, avec des complices artistiques et des réseaux amis — notamment Collectif Alpaca Rose, Compagnie Caõ et Compagnie Tonnerre de Singe. Le principe reste le même : croiser les écritures, multiplier les correspondances, faire circuler des voix.


Comment participer ?

Selon les éditions, l’inscription se fait :

  • soit pour recevoir une lettre,
  • soit pour écrire une lettre,
  • soit pour faire les deux (c’est souvent la formule la plus belle : on reçoit, puis on a envie de répondre au monde).

La compagnie peut aussi mettre en place une édition locale avec une structure partenaire (médiathèque, établissement scolaire, centre social, collectivité…), avec un calendrier et un cadre adaptés.


Accueillir “Première lettre” sur un territoire

Le dispositif peut devenir une action culturelle complète, avec :

  • ateliers d’écriture en amont (en classe, en groupe, en structure),
  • collecte et “mise en forme” des lettres,
  • envoi / distribution,
  • restitution possible (lecture publique, exposition de lettres anonymisées, soirée “boîte aux lettres”),
  • rencontre avec l’équipe artistique.

C’est un projet léger techniquement, mais fort symboliquement : une action qui laisse des traces, au sens propre.


En bref

Première lettre, c’est du théâtre sans scènede la poésie en circulationun rituel contemporain qui remet l’imaginaire dans la vie quotidienne. Une manière de dire : on peut encore s’écrire, s’inventer, se surprendre — et faire communauté, sans se connaître.