Un cabaret d’improvisation qui remet la poésie au comptoir
Les Racomptoirs, c’est une idée simple et puissante : déplacer le théâtre là où la vie se raconte déjà. Dans un bar, un café, un lieu de passage. Pas une salle, pas un plateau surélevé, pas de “quatrième mur” : une table, un verre, des regards. Et, soudain, la parole devient scène. En partenariat avec la compagnie Cão (38-Voiron).
Un bar comme espace politique et poétique
Dans un bar, les raconteurs et raconteuses s’assoient “comme n’importe quel·le client·e”, trinquent, et commencent à partager pensées, sons, mots, rages et joies . Le bar, lieu de hasard et d’habitudes, de solitude et de rencontres, devient naturellement un espace de récit : un endroit où l’on peut dire ce qui bouillonne, ce qui émeut, ce qui fait rire.
Les Racomptoirs revendiquent cette évidence : la poésie ne doit pas rester enfermée dans les lieux prévus pour elle. Elle peut surgir au milieu des conversations, des commandes au comptoir, des silences d’après journée.
Un cabaret éphémère, fait de fragments
Le principe est celui d’un cabaret improvisé : tour à tour ou ensemble, les artistes assemblent morceaux de textes, chansons, musique, danse pour créer un patchwork de mots, d’exaltations et de désespérances humaines. Rien n’est figé : la forme se fabrique au présent, au contact du lieu, du public, de l’ambiance.
On vient pour une soirée, on repart avec une sensation : celle d’avoir vécu un moment rare, fait de fragments, d’accidents heureux, de surgissements.
Une rencontre entre artistes qui ne se connaissent pas
Une des forces des Racomptoirs, c’est la rencontre. La compagnie réunit des artistes aux univers, parcours et disciplines variés — parfois sans qu’ils se connaissent — pour improviser ensemble le temps d’une soirée. La diversité n’est pas un décor : c’est le cœur du projet. C’est elle qui crée l’étincelle, la surprise, la friction fertile.
Une scène où tout peut arriver
La description est presque un inventaire de possibles : parfois un accordéon, parfois deux qui se répondent ; parfois une marionnette ; des corps qui dansent ; un violoncelle ; une reine qui perd ses mots ; un vieux bluesman ; le port d’Amsterdam ; le fils de Dieu… . Autrement dit : une scène qui n’existe pas à l’avance. Une scène qui se fabrique par la présence.
Et ça, c’est déjà une déclaration artistique.
Pour quoi faire ? Pour offrir. Pour rassembler. Pour se souvenir.
Les Racomptoirs ne promettent pas un “grand soir”. Ils promettent mieux : un moment de partage. “Offrir un peu de poésie à un·e inconnu·e”, “boire et reboire les maux”, “rassembler nos verres et en rigoler” . Un moment éphémère, mais pas anodin :
“Demain on n’en parlera peut-être plus mais demain on s’en souviendra.”
Accueillir un Racomptoir
Les Racomptoirs peuvent s’inventer dans des cafés, des bars, des tiers-lieux, des espaces associatifs — partout où l’on peut se réunir et laisser de la place au surgissement. La forme est adaptable : nombre d’artistes, durée, configuration, disciplines invitées… L’essentiel, c’est l’esprit : faire du lieu un théâtre, et du théâtre une rencontre.

