Claudel / Rodin

Claudel / Rodin

Texte et mise en scène de Antoine Guillot
Avec Magdalena Galindo et Antoine Formica
Dramaturgie : Dominique Oriol
Scénographie, lumières : Aurore Leduc
Musiques : Anis Benhallak
Plasticien : en cours de recrutement

Avec le soutien de Bonlieu Scène nationale Annecy, du département de la Savoie, des Ateliers Sauvages d’Alger – Wassyla Tamzali.

Synopsis

Antoine et Magdalena, deux comédiens, montent sur scène pour créer un spectacle abordant l’histoire fantasmagorique de Camille Claudel et Auguste Rodin. Ils cherchent à décortiquer les chemins de créations empruntés par les deux artistes plasticiens. Quelles sont les pulsions de cette femme, de cet homme, quelles sont les différences entre les deux ? C’est en se plongeant dans ce très personnel besoin d’exercer leur art, qu’ils crieront au monde ce qu’il y a de Claudel et de Rodin en eux, d’extirperont de leur intimité ce qui motive leur propre nécessité de faire.

Note d’intention

 » C’est au départ plusieurs interrogations qui se croisent sur ce projet de travailler autour de Camille Claudel et Auguste Rodin.
D’abord il y a la question de la représentation du corps et de ses enjeux politiques. Quelles sont les différences de réception et de critères de lectures d’une œuvre sur le corps entre la fin du XIXème siècle et au début du XXIème ? Quels sont les liens entre réception et lecture d’une œuvre plastique et la société, son état d’avancement social ?
Ensuite, se pose la question de la création, du chemin emprunté pour motiver celle-ci. Quelle est la différence entre les pulsions de créations de Camille Claudel et celles d’Auguste Rodin ? Quels sont les points communs entre les moteurs créateurs de ces deux plasticiens et nous-mêmes ? Qu’est-ce qu’il y a d’eux en nous ? De nous en eux ?
Puis, de cette histoire de couple sulfureux, de folie internée, se dégage la question du féminisme. Camille Claudel peut-elle être considérée comme une figure féministe avant l’heure ?
Forts de ces questionnement et d’un texte utilisé comme matière première, c’est en véritable écriture de plateau – que l’on cherche à développer en création et ce jusqu’au temps de représentation – que nous abordons le travail. Cette écriture de plateau questionne l’appropriation que les comédiens doivent engager non pas d’un texte à proprement parler mais d’un chemin de pensées, d’une épopée des idées.
En partant d’éléments historiques, scientifiques recueillis depuis quelques années pour ce travail, ils vont devoir faire le chemin de trouver ce qui résonne en eux de cette histoire, de l’Histoire.
Pour finir, nous pouvons également dégager de ce travail des questionnements autour du rapport au corps, ici des comédiens. Corps sauvages, délivrés de toute contrainte sociale, puis corps socialisés, contraints par les conventions, les limites ou le cadre imposé par la société, son époque et ses mœurs.
Pour mener ce travail, la scène est transformée en ring de boxe, en terrain de boue dans lequel peuvent évoluer les corps et prendre forme les idées. Ce rapport à la matière est essentiel dans le processus. Sur ce terrain de terre seront installés quelques éléments permettant la recherche, comme dans un atelier d’artiste où peut prendre forme, prendre vie l’œuvre créée.
La lumière et l’univers sonore feront également parti de l’esthétique de ce spectacle avec une place importante. La précision de la lumière, comme pour sculpter l’espace à l’image de l’espace mental mis en branle pour le parcours à effectuer, sera primordiale. L’univers sonore sera lui le reflet des enjeux, des conflits qui apparaîtront durant l’épopée que les comédiens auront à traverser.
Se jouent également plusieurs questionnements sur le théâtre portés par les travaux de la compagnie. Celui de la frontière, que nous cherchons à brouiller, entre la fiction et la réalité, fiction de la représentation de Claudel et Rodin mise en face de la réalité d’état d’alerte et de recherche des comédiens. »

Photos © Divino Inferno – Bruno Aveillan