Sinda Guessab

Comédienne / Pédagogue

Non ses cheveux ne sont pas oxydés, non son sourire n’est pas hypocryte, oui elle pourrait mourir pour ses idées, oui elle ira jusqu’au bout, elle a toujours été jusqu’au bout, non elle ne se brûlera pas les ailes, elles sont en titane, insensibles aux flammes… En fait, oui, Sinda est (entre autres choses) Algérienne…

Sinda Guessab est née en France, de père et mère algériens. Elle est partie étudier en Belgique à l’École Supérieure d’Acteurs de Liège (ESACT).
Pour son projet de fin d’étude, ayant pour consigne : « Qu’avez-vous envie, besoin, de dire aujourd’hui ? », elle travaille sur l’histoire de sa famille révolutionnaire à travers une interview de sa mère, née au début de la guerre d’Algérie. Cela donne lieu au spectacle Je vous ai compris, duquel elle assure la coécriture et le jeu avec, comme partenaires Valérie Gimenez et son frère Samir Guessab, artiste pluridisciplinaire. Ce spectacle produit par le GROUPOV a fait le tour de l’Europe et a été très remarqué au festival d’Avignon à la Manufacture et en Algérie.
Sinda se définit comme metteure en scène par nécessité, auteure par accident. Elle partage sa vie entre la Belgique, la France et l’Algérie.
Elle construit une formation théâtrale à Skikda en Algérie. Dans son processus de travail elle place l’acteur et sa mémoire organique au centre. De cette expérience nait un spectacle sur les traumatismes de la guerre civile, les dégâts de l’intégrisme et l’émancipation des femmes. Ainsi se ré-ouvre le Théâtre Régional de Skikda, fermé depuis les années noires. Empêchée de continuer son travail dans ce pays, elle ne cesse de rêver à des créations là-bas.
Pour Sinda, l’exigence artistique ne peut être dissociée avec l’engagement humain. Ainsi elle crée un théâtre, dans les sous-sols d’un centre d’accueil pour réfugiers, à Elsenborn (Belgique) et y met en scène des contes en arabes pour petits et grands. Elle contribue à la réalisation de plusieurs documentaires pour le droit à la dignité des migrants. Elle joue dans le spectacle de René Georges, Pardon, un plaidoyer de résistance, qui tourne en Belgique et en Afrique de l’ouest. De nouveaux projets sont en préparation en collaboration avec Soraya Amrani, directrice de la Charge du Rhinocéros, emprunt de la même nécessité d’une remise en question profonde de l’art et de la vie.

C’est lors du passage d’Antoine Guillot à l’ESACT de Liège qu’ils se rencontrent. Ils se retrouvent une décennie plus tard pour engager des collaborations sur plusieurs projets, Sinda a en charge, entre autres, la direction d’acteur de Guillotine, actuellement en création.