Au creux de la brèche s’est joué à guichets complets à la Chapelle Vaugelas de Chambéry.
Deux représentations fortes, tendues, traversées d’émotion. Dans ce lieu-là, le spectacle a trouvé bien plus qu’un cadre : une véritable portée. La chapelle résonne, contient, amplifie. Elle donne au silence, au texte et à la musique une densité particulière. Le public était là, pleinement là. Et après les représentations, les bords plateau, recueillis, ont laissé surgir des paroles d’une rare intensité. Peu de bruit, mais des expressions exceptionnelles. Quelque chose de profondément touché, de profondément partagé. Il faut aussi dire la performance de Camille Dégeorges Ruffelaere. Une concentration extrême, dans un espace qui n’est pas un lieu de confort pour une telle exigence, et pourtant une présence, une tenue, une intensité d’exception. Une traversée remarquable. Ces deux soirs à Vaugelas auront compté. Pour le spectacle.
Pour nous. Et pour ce qu’un lieu, parfois, rend possible quand il rencontre une œuvre au bon endroit.



