20 avril 2026_Une journée de préparation de la résidence du 27 avril avec Isabelle Roux-Lalisban qui a rencontré les 4 classes de 3ème, l’administration et les professeurs organisateurs. L’occasion ici d’interviewer les principaux protagonistes, dont Sylvie Méary, Principale Adjointe du Collège de Pré-Bénit, Bourgoin-Jallieu.
Isabelle : Sylvie Méary, vous menez de nombreux projets au sein de ce collège, pourquoi avoir choisi La Compagnie Caravelle et son spectacle Au creux de la brèche, qui est une création qui parle de l’inceste, un sujet difficile, sensible. Pourquoi ce spectacle-là ?
Sylvie : C’est un spectacle qui allie plusieurs domaines sur lesquels nous travaillons, que ce soit effectivement l’aspect théâtral, et il vient en complément des cours de français en troisième, mais également dans le cadre de la prévention que nous menons auprès de nos élèves, aussi bien dans le cadre du CESCE [1] que du parcours citoyen, donc c’est un thème qui est transversal.
Isabelle : Et cette transversalité, avec un projet comme celui-ci, une résidence d’une journée avec La Compagnie et 4 classes de 3ème, a été difficile à mettre en place vu le budget et les coupes qui ont été faites cette année ?
Sylvie : Alors effectivement, ce projet est né dès le début de l’année en septembre, sous un autre format encore plus dense, mais il n’a pas pu se mettre en place avant. Et au mois d’avril et malgré des coupes budgétaires, nous avons décidé de conserver ce spectacle par rapport à d’autres choix. Compte tenu effectivement de cette transversalité qui permet d’allier plusieurs domaines et de satisfaire plusieurs compétences.
Isabelle : C’est une vraie organisation parce que ça concerne quatre classes de troisième avec un emploi du temps banalisé sur une journée pour les élèves, on organise comment ?
Sylvie : Alors on organise en mobilisant les enseignants qui ont en charge les classes en cours de la journée. En mobilisant le service gestion qui va s’assurer du bon fonctionnement de tout ce qui est installation. Et puis, et bien, en mobilisant toutes les bonnes volontés de l’établissement, l’assistante sociale, les chefs d’établissement.
Isabelle : Une vraie mobilisation de tout le collège pour cette journée autour de ce projet, de cet événement ?
Sylvie : Oui, c’est un événement, déjà une résidence d’artistes, je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’établissements qui se lancent dans ce type de projet et d’autant plus en collège, ça existe plus en lycée mais en collège, c’est quand même très exceptionnel.
Isabelle : C’est quelque part une façon de donner l’exemple ?
Sylvie : Oui bien sûr. Et depuis que je suis arrivée ici, j’ai voulu ouvrir l’établissement sur la culture et pas seulement, en emmenant des élèves, voir des spectacles à l’extérieur mais en faisant venir les artistes au sein de l’établissement pour que la culture rentre dans l’établissement et soit partie prenante de nos murs. Et montrer que ça existe aussi au sein d’un collège pour qu’il y ait une vraie rencontre.
Isabelle : Oui, c’est une question que je voulais poser. Quel intérêt a-t-on à faire venir une compagnie à l’intérieur d’un établissement scolaire. C’est une politique ?
Sylvie : Oui, oui, c’est une politique tout à fait. C’est une volonté, oui, parce que pour les spectacles, on peut très bien organiser des sorties, des sorties d’élèves au théâtre, ce que l’on fait également, c’est montrer que l’un n’empêche pas l’autre.
Isabelle : Et vous, qu’est-ce que Vous, en tant que principale adjointe, vous attendez de cette résidence ?
Sylvie : Une vraie, une vraie implication, un vrai questionnement de nos élèves par rapport à la thématique sur la violence, et l’inceste, et puis la découverte de tous ces métiers qui tournent autour des arts du spectacle et que nos élèves ne connaissent pas forcément, que ce soit au niveau donc des comédiens, des musiciens, du son, etc. Donc, également une découverte des métiers dans leur recherche de parcours professionnels ou bien de poursuites d’études.
Isabelle : Voilà, on revient à cette transversalité dont on parlait au début de l’interview ?
Sylvie : Oui effectivement on tape dans plusieurs domaines, et pour taper dans ces domaines, il faut d’abord les ouvrir et les faire connaître, et là, c’est ce qu’on fait.
[1] Comité d’Education à la Santé, la Citoyenneté et à l’Environnement.

