Résidence Pré-Bénit_Au Creux de la brèche_Interview 3_Les enseignants

Maximilien Guichardaz

20 avril 2026_Une journée de préparation de la résidence du 27 avril avec Isabelle Roux-Lalisban qui a rencontré les 4 classes de 3ème, l’administration et les professeurs organisateurs. L’occasion ici d’interviewer les principaux protagonistes, dont Maximilien Guichardaz, Professeur de Lettres en classe de 3ème_Collège Pré-Bénit, Bourgoin-Jallieu.

Isabelle : C’est important Maximilien de faire venir le théâtre à l’intérieur d’un collège ? Parce qu’on emmène souvent les élèves au théâtre et là, on procède un petit peu à l’envers, non ?

Maximilien : C’est même très important. C’est essentiel parce qu’on a des élèves qui ne vont jamais au théâtre. C’est souvent difficile d’emmener les élèves au théâtre. Ça coûte de l’argent. Il faut avoir un théâtre à côté d’un collège. Quand ce n’est pas le cas, on se retrouve avec des élèves qui au cours de leur scolarité au collège ne seront peut-être jamais allés au théâtre et auront juste lu une pièce de Molière par an et c’est vraiment insuffisant.

Donc là c’est bien, si le théâtre peut venir aux élèves. Ça rend les choses plus faciles et peut-être qu’il y aura de la découverte pour certains d’entre eux.

 Isabelle : Alors durant la présentation de la résidence du 27 et dans les deux classes où je suis intervenue, vous avez beaucoup insisté sur le fait que les élèves allaient voir du théâtre contemporain. C’est un mouvement de côté ?

Maximilien : Oui, j’aime bien faire des pas de côté dans le programme. Quand on est au collège, on est un peu liés au théâtre par Molière évidemment, par Corneille ou par d’autres auteurs classiques, mais en troisième on a cette petite possibilité de les amener vers un théâtre plus récent. Souvent ça va être le théâtre de l’absurde, mais j’aime bien leur montrer le théâtre contemporain parce que c’est une langue plus crue ou plus proche de la langue qu’ils utilisent au quotidien. Et ils ont moins l’impression que ce sont des personnages qui sont à des années lumières de ce qu’ils sont eux, et c’est souvent le problème quand on fait découvrir un texte classique à des élèves, ils ne voient pas le rapport qu’ils peuvent avoir avec les textes et les personnages. Alors qu’en fait si on leur montre une version contemporaine, si on leur montre une adaptation ou même tout simplement une création, et du coup un auteur récent, et bien là, d’un coup, ils rentrent véritablement dans le texte et c’est un vrai engagement de la part de l’enseignant, de l’équipe aussi, du collège de faire entrer une résidence, comme celle de Au Creux de la brèche, avec un texte contemporain.

Ici au collège, j’ai créé un atelier théâtre depuis plusieurs années et je crois que j’ai toujours fait du Théâtre contemporain. Moi, j’avais un professeur qui ne faisait que du théâtre contemporain qui me disait que c’était plus facile de voir les émotions, les émotions en jeu, les émotions qu’on pouvait arriver à jouer avec cette forme théâtrale.

Isabelle : Alors justement la résidence, porte sur un thème qui est très sensible, qui est l’inceste. On a expliqué dans la journée aux élèves en quoi ça consistait, que c’était un spectacle performance qui va jouer sur plusieurs arts, la danse, la musique, le jeu, le texte, etc. Et avec 100 élèves un vrai défi et comment on prépare une résidence comme celle-ci ?

Maximilien : On la prépare avec du partenariat. Autant avec la compagnie qui vient au collège qu’avec l’administration, avec les collègues, les professeurs qui vont venir encadrer tout ce beau monde. Et puis on ne doute pas que, avec ce qui va être proposé, on ne doute pas que les élèves vont adhérer au projet.

Le nombre n’est pas un problème, ils peuvent être 50, ils peuvent être 100, on arrivera à créer quelque chose avec eux, ils verront quelque chose qu’ils n’auront pas vu avant, donc là, peu importe le nombre.

Isabelle : Et vous qu’est-ce que vous, personnellement vous attendez de cette résidence ? alors on peut faire un avant et un après résidence ?

Maximilien : Enfin, je dis ENFIN, c’est un projet, cette année, que je peux mettre en place avec une classe. J’ai des projets que je mets en place avec mes ateliers théâtre, avec mes options théâtre mais ce ne sont pas des classes à proprement parlé.

Ce projet est entièrement mis en œuvre par la compagnie, et moi, ça me rend les choses plus faciles et plus claires. Mais pour répondre aux attentes, je vais pouvoir voir des transformations chez mes élèves. Certains n’attendent que ça, de s’investir dans un projet, de pouvoir s’exprimer, et je suis persuadé qu’ils vont à l’issu de ce projet, à l’issu de ce temps à réaliser quelque chose, qu’ils vont forcément apprendre et changer. Ça ne sera peut-être pas grand-chose. Peut-être, juste des modifications dans leur type d’écriture, ou ça va être un vrai engagement pour parler, par exemple, de ce projet à l’oral. Ou encore s’inscrire à l’option théâtre de leur lycée de secteur, parce qu’il y en a une, parce qu’elle existe et parce qu’on peut aussi faire du théâtre en milieu scolaire et que c’est bien, il faut faire connaître ce qui existe. Ça donne aussi la possibilité à de nombreux d’élèves de s’exprimer alors que c’est très compliqué pour certains et à l’intérieur d’une salle de classe et avec tout le phénomène de groupe que l’on peut avoir de participer. Ici, ce sera différent parce que tout le monde s’engage dans un projet et aura un rôle à jouer, et ça, c’est ce qui est attendu.