Il vit (Asie)

Il vit (Asie)

– Performance, seul en scène –

En mandarin
Coproduction franco-taïwanaise
Saison 20/21

Avec Chih Wei Tseng
Texte et mise en scène de Antoine Guillot
Dramaturgie de Dominique Oriol
Directrice de production : Kristina D’Agostin
Administratrice (Taïwan) : Wanyi Liu
Production : La Compagnie Caravelle (France)

Synopsis

« Il vit » est le monologue d’un jeune homme malade qui va mourir sous peu. Il le sait et il n’est pas question pour lui de rester sur le regret de tout ce qu’il n’a pas fait. Il décide de mettre en scène ses derniers moments. Il ne veut pas disparaître sans laisser de traces. Un dernier pied de nez au monde qui l’a abandonné et un dernier message à l’amour qu’il ne veut pas laisser.

Structure dramaturgique

Le spectacle est composé de trois parties.
La première est improvisée, c’est une écriture de plateau poussée jusqu’au temps de représentation. Elle permet au comédien de poser la situation dans laquelle est son personnage. Il y a un jeu entre fiction et réalité, est-ce le comédien ou le personnage qui nous parle ? Il nous expose alors les faits, nous raconte qui il est, que c’est la fin, qu’il est malade, contaminé par le VIH, il nous dit que le sida prend de plus en plus de place dans son corps. Il nous dit qu’il va mourir mais qu’il doit dire quelque chose avant cela. Il doit parler à l’amour de sa vie pour lui dire de continuer à vivre après sa mort.
S’engage ensuite la deuxième partie, celle du texte écrit. Cette partie n’est plus improvisée, elle est minutieusement écrite, telle une partition, dans un langage poétique qui obligera pour autant le comédien à faire de cette parole une parole corporelle organique, sans tomber dans un quelconque lyrisme ou romantisme.
La troisième et dernière partie est celle de la mort. La mort comme une résurrection, comme le passage d’un cycle à un autre, la fin de cette vie mais le début d’une autre puisque cette individu mourant s’imprime petit à petit dans nos mémoires pour y rester gravé. Cette partie prendra la forme d’une danse, d’une transe corporelle, physique, sans parole, accompagnée d’une bande sonore.

Note d’intention

La génération qui prend la parole ici est incarnée par ceux qui naissent après la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS ou la révolution technologique. Une génération qui est née les pieds dans la cendre des premières vagues meurtrières du sida et qui n’a les moyens de n’être ni désabusée, ni cynique. Elle a grandi en écoutant le bruit des crises économiques, en voyant arriver la vague d’une tension écologique. Une génération à qui il ne reste plus d’utopies ; qui n’a plus ses grands-parents pour parler des horreurs de la seconde guerre mondiale et de ses conséquences directes. Cette génération à qui le monde appartient mais qui ne sait pas quoi en faire. Partir, via le théâtre, à la recherche du mythe contemporain, se soucier de ce qu’on laissera à cette humanité une fois le corps devenu poussière, s’engouffrer alors dans des valeurs temporelles et corporelles pour jouir d’une révolte, d’une amertume, parce que la solitude est immense : Voilà ce qui est crié ici par ce condamné à mort. Un individu qui pose sur scène ses derniers mots, derniers actes avant sa mort, mots qu’il nous offre dans un seul but : que l’on garde un souvenir impérissable de lui afin qu’il vive éternellement grâce à nos souvenirs.

Taïwan / France

Le texte est écrit et mis en scène par un Français et interprété en mandarin par un Taïwanais. Tous deux de la même génération, cela oblige à trouver le caractère universel de la parole portée au plateau. Ce caractère universel se situe dans le rapport particulier des deux cultures face à la maladie et à la mort. Chacune des deux cultures répondent à cela différemment. Nous pouvons pourtant trouver des points communs et les faire dialoguer entre elles, créer des ponts entre ces sociétés héritières de religions et d’Histoires différentes.